ESEADGuides › Passer un concours en interne : congés, décharges et droits

Concours interne : congés, décharges et droits pour se préparer

Préparer un concours interne quand on travaille déjà à temps plein relève souvent du casse-tête. Pourtant, la fonction publique prévoit une série de dispositifs — congés, décharges, autorisations d'absence, financements — trop rarement mobilisés faute d'information. Voici comment les identifier, les demander et les articuler avec une préparation réaliste.

De quoi parle-t-on exactement ?

Le concours interne s'adresse aux agents déjà en poste dans la fonction publique qui remplissent une condition d'ancienneté de services publics. Il constitue l'une des principales voies de progression : changer de catégorie (C vers B, B vers A), changer de corps ou de cadre d'emplois, accéder à des fonctions d'encadrement ou à un métier différent. Contrairement au concours externe, il valorise l'expérience acquise : de nombreuses épreuves reposent sur un dossier ou un entretien de reconnaissance des acquis de l'expérience professionnelle (RAEP), sur une note administrative, ou sur des cas pratiques directement issus du quotidien professionnel.

La difficulté n'est donc pas seulement académique : elle est organisationnelle. Réviser après une journée de travail, avec une vie familiale, suppose de dégager du temps de façon légale et sereine. C'est précisément l'objet des droits décrits ci-dessous. Un principe à retenir avant tout : rien ne s'obtient sans demande écrite. Les dispositifs existent, mais ils ne se déclenchent jamais automatiquement.

Les dispositifs qui permettent de dégager du temps

1. Les actions de préparation aux concours et examens professionnels

Les trois versants de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière) reconnaissent la préparation aux concours et examens professionnels comme une action de formation à part entière. Concrètement, votre employeur peut vous inscrire à une préparation organisée par l'administration ou par un organisme de formation, et ce temps de préparation est alors pris sur le temps de service, avec maintien de la rémunération. Certaines préparations se déroulent en présentiel sur des journées banalisées, d'autres à distance avec des plages horaires libérées.

Le point de vigilance : ces actions s'inscrivent dans le plan de formation de votre service et supposent une validation hiérarchique. Elles sont donc soumises aux nécessités de service, qui peuvent conduire à un report. D'où l'intérêt de formuler la demande très en amont, idéalement lors de l'entretien professionnel annuel, et de la renouveler par écrit dès la publication de l'arrêté d'ouverture du concours visé.

2. Le congé de formation professionnelle

Le congé de formation professionnelle permet à un agent justifiant d'une certaine ancienneté de services de se consacrer à une formation de son choix, y compris une préparation à un concours, en étant déchargé de ses fonctions. Il peut être pris en une seule fois, de façon fractionnée ou à temps partiel, ce qui le rend particulièrement adapté à une préparation étalée sur plusieurs mois. Une partie de la durée du congé donne lieu au versement d'une indemnité forfaitaire, et l'agent s'engage en contrepartie à rester au service d'une administration pendant une durée proportionnelle à celle du congé indemnisé.

Les durées, plafonds, délais de dépôt et conditions d'ancienneté sont fixés par les textes applicables à votre versant : ne vous fiez jamais à un chiffre entendu à la machine à café, demandez la fiche pratique à votre service des ressources humaines et exigez la référence réglementaire. Les délais de dépôt sont souvent longs (plusieurs mois avant le début du congé) : c'est le principal motif de refus évitable.

3. Le compte personnel de formation (CPF)

Chaque agent public dispose d'un compte personnel de formation, alimenté en heures et mobilisable pour un projet d'évolution professionnelle. La préparation d'un concours entre pleinement dans ce cadre. Le CPF peut financer les frais pédagogiques d'une préparation et, selon les cas, permettre de suivre la formation sur le temps de travail. La demande se fait auprès de l'employeur, qui apprécie la cohérence du projet ; certains publics prioritaires (agents de catégorie C sans qualification, agents en reconversion pour raison de santé) bénéficient d'un examen privilégié.

Astuce : un CPF mobilisé pour une formation courte et certifiante, complémentaire au programme du concours (bureautique, gestion, communication écrite, comptabilité), renforce à la fois votre dossier RAEP et vos compétences réelles. Les formations courtes certifiantes de l'ESEAD, dès 9 €, sont pensées pour ce type de complément ciblé.

4. Les décharges et aménagements de service

Le mot « décharge » recouvre en pratique plusieurs réalités : décharge partielle de service pour suivre une préparation, aménagement d'horaires, temps partiel de droit ou sur autorisation, recours au télétravail sur une ou plusieurs journées, banalisation de demi-journées. Ces solutions relèvent du dialogue avec votre encadrement plus que d'un droit opposable. Elles sont d'autant plus faciles à obtenir que votre projet est lisible : dites quel concours vous préparez, à quelle session, avec quel volume horaire hebdomadaire, et proposez vous-même une organisation qui préserve la continuité du service.

5. Les autorisations d'absence pour les épreuves

Le jour des épreuves, vous n'avez pas à poser de congé annuel dans la plupart des situations : les administrations accordent des autorisations d'absence pour se présenter aux épreuves d'un concours ou d'un examen professionnel, y compris pour les temps de trajet lorsque le centre d'examen est éloigné. Le régime exact varie selon le versant et selon les circulaires internes. Demandez la règle applicable par écrit dès votre inscription au concours, joignez la convocation dès réception et conservez une copie de tout.

Comment formuler sa demande : la méthode qui fonctionne

  1. Cartographiez vos droits. Sollicitez un entretien avec le service formation ou un conseiller mobilité-carrière. Demandez la liste des dispositifs mobilisables dans votre administration et les échéances de dépôt.
  2. Écrivez, toujours. Une demande orale n'existe pas administrativement. Rédigez un courrier ou un courriel daté, adressé par voie hiérarchique, en conservant l'accusé de réception.
  3. Argumentez côté employeur. Ne dites pas seulement « je veux évoluer » : montrez en quoi le concours visé répond à un besoin identifié du service, à une compétence rare, à une continuité de mission.
  4. Proposez un calendrier. Indiquez les dates de la session, le rythme de préparation, la solution de remplacement ou de réorganisation que vous envisagez.
  5. Anticipez le refus. Un refus doit être motivé et vous pouvez en demander la motivation écrite. Selon les dispositifs, un report peut être opposé plusieurs fois, mais vous conservez la possibilité de saisir les instances compétentes en matière de formation et de saisir votre organisation syndicale. Un refus n'est pas définitif : il se représente à la session suivante.

Construire une préparation réaliste malgré le travail

Les droits vous donnent du temps ; encore faut-il l'utiliser efficacement. Trois principes s'imposent lorsqu'on prépare un concours en activité.

Une préparation à distance présente ici un avantage décisif : elle s'adapte à des horaires irréguliers, à des astreintes ou à des services postés. L'ESEAD propose une prépa concours couvrant 90 concours recensés — fonction publique d'État, territoriale, hospitalière et professions réglementées — accessible dans le cadre de la scolarité à 49 €/mois, tout inclus, sans frais de dossier. Chaque apprenant y bénéficie d'un précepteur personnel assisté par intelligence artificielle, disponible 24h/24, ce qui permet de poser une question à 6 h du matin avant la prise de poste comme à 23 h après le service.

Articuler concours interne et projet de formation plus large

Beaucoup d'agents découvrent, en préparant un concours, qu'il leur manque des bases transversales : rédaction administrative, finances publiques, management d'équipe, culture économique. Plutôt que de multiplier les achats ponctuels, il peut être pertinent d'inscrire la préparation dans un parcours plus large. Les diplômes d'école de l'ESEAD (BBA et MBA) sont des diplômes d'école, non des titres délivrés par l'État, et donnent accès à l'ensemble du catalogue de plus de 130 formations. L'admission se fait hors Parcoursup, avec quatre rentrées par an et une inscription de date à date, sur un an jour pour jour : un cadre souple pour un agent dont le calendrier professionnel est contraint. Vous pouvez consulter le détail des tarifs avant de vous décider.

Votre feuille de route sur douze mois

Un concours interne se gagne rarement au talent brut : il se gagne à l'organisation, à la connaissance de ses droits et à la constance. Pour aller plus loin, l'ensemble de nos guides pratiques détaille les autres étapes de votre parcours de formation.

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il refuser ma demande de congé de formation professionnelle ?

Oui, un report peut être opposé pour nécessité de service, dans les conditions prévues par les textes applicables à votre versant de la fonction publique. Le refus ou le report doit toutefois être motivé, et vous pouvez en demander la motivation écrite. Rien ne vous empêche de redéposer la demande à l'échéance suivante, en anticipant davantage le délai de dépôt.

Dois-je poser un jour de congé pour aller passer les épreuves du concours ?

En principe non : les administrations prévoient des autorisations d'absence pour se présenter aux épreuves d'un concours ou d'un examen professionnel, parfois assorties d'un temps de trajet. Le régime précis varie selon l'employeur et selon le versant concerné. Demandez la règle applicable par écrit à votre service RH dès votre inscription et joignez votre convocation.

Une préparation à distance est-elle compatible avec un poste à horaires décalés ?

C'est même l'un de ses principaux atouts : les contenus restent accessibles à tout moment et le précepteur personnel assisté par IA de l'ESEAD répond 24h/24. La prépa concours couvre 90 concours recensés et fait partie de la scolarité à 49 €/mois, tout inclus. Vous pouvez déposer votre candidature à l'une des quatre rentrées annuelles.

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