Le mot du fondateur.

Cela fait des années que je dirige des écoles. J'en ai repris, j'en ai créé, j'en ai vu changer. Et une chose n'a jamais cessé de me déranger : la tranquillité avec laquelle notre enseignement supérieur s'accommode de ceux qu'il laisse dehors. Le bachelier d'une préfecture lointaine, la mère de famille qui reprend ses études à trente-huit ans, le salarié qui ne peut pas quitter son poste pour s'asseoir dans un amphithéâtre, l'étudiant francophone d'Abidjan ou de Port-au-Prince : on leur explique, poliment, que l'exigence a une adresse, des horaires et un tarif. Je ne l'ai jamais accepté.

L'ESEAD est née de ce refus. Une école supérieure entièrement à distance, où chaque étudiant travaille avec un précepteur disponible à toute heure, où l'année commence le jour où l'on s'inscrit — pas en septembre —, et où la scolarité coûte 49 euros par mois, tout compris. Ce prix n'est pas un argument commercial. C'est une position : quand la technologie permet d'enseigner mieux pour moins cher, en faire profiter l'étudiant n'est pas de la générosité, c'est de la probité.

On me demande parfois si une école animée par l'intelligence artificielle est encore une école. Je réponds volontiers : relisez l'histoire de la pédagogie. Le précepteur — un maître pour un seul élève — a formé des générations entières ; seul son coût l'a réservé à quelques familles. La technologie ne remplace ici aucun maître : elle rend enfin accessible à tous ce que très peu pouvaient s'offrir. Et l'exigence, elle, reste entière — les travaux se rendent, les examens se passent, les jurys délibèrent. Rien n'y est donné.

Ce que je demande à nos étudiants tient en une phrase : prenez-vous au sérieux. Le reste — les cours, l'accompagnement, la disponibilité, l'écoute — c'est notre métier, et nous n'en avons pas d'autre.

Hervé DiazPrésident du Groupe École de Commerce de Lyon · Fondateur de l'ESEADDécoré des Palmes académiques · Ordre de la Pléiade (Francophonie)
Hervé Diaz, fondateur de l'ESEAD, recevant l'ordre de la Pléiade à l'Assemblée parlementaire de la Francophonie
Hervé Diaz, reçu dans l'ordre de la Pléiade à l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, Paris.